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Le théâtre d’été est une tradition bien ancrée au Québec, une promesse de légèreté et de rires francs lors des chaudes journées estivales. C’est avec cet esprit que je me suis rendue au Théâtre de Rougemont pour assister à Cougar qui peut !, une comédie de boulevard qui, après un succès en Suisse et en France, débarque chez nous avec la même folie joyeuse.
J’en suis sortie avec le sourire, après avoir passé un bon moment, mais avec un sentiment partagé que la pièce doit beaucoup à l’énergie contagieuse de ses comédiens.
La prémisse est simple et efficace. Rose (Marie-Josée Longchamps), une septuagénaire à la vie bien rangée, voit sa quiétude voler en éclats lorsque sa sœur, Brigitte (Carmen Sylvestre), débarque sans crier gare. Passionnée de peinture et de tranquillité, Rose est tout le contraire de sa sœur flamboyante, qui refuse de voir le temps passer et se comporte comme si elle avait toujours quarante ans.
Le chaos s’installe pour de bon avec l’arrivée d’un jeune et séduisant gigolo (Kevin Lapierre), d’un voisin un peu trop curieux (Alexandre L’Heureux) et du fils de Rose (Yan Rompré) qui amène son lot de surprises.
S’ensuit une série de quiproquos et de secrets révélés, rappelant qu’il n’est jamais trop tard pour s’amuser.
Soyons clairs, Cougar qui peut ! est un pur théâtre d’été léger. Il ne faut pas s’y présenter en espérant une profonde réflexion philosophique ou une énigme complexe à résoudre. Le but est de divertir, et sur ce plan, la mission est en partie accomplie. J’ai souvent éclaté de rire, emportée par des répliques bien senties et des situations absurdes.
Cependant, la mécanique humoristique repose sur des gags souvent faciles et évidents. À plusieurs reprises, alors que mes voisins de siège riaient aux larmes, je suis restée plus réservée, trouvant la blague un peu trop attendue. C’est la nature même de la comédie de boulevard, qui ne fait pas toujours l’unanimité à chaque instant.
Curieusement, bien que j’aie deviné le punch final bien avant la conclusion, j’ai été complètement surprise par une tournure inattendue dans le scénario, ce qui a ravivé mon intérêt au moment opportun.
Là où la pièce tire véritablement son épingle du jeu, c’est dans la performance de sa distribution. Le jeu des comédiennes et comédiens, leur vivacité, leurs mimiques et leur gestuelle sauvent la pièce des quelques faiblesses de son texte.
Le duo formé par Marie-Josée Longchamps et Carmen Sylvestre est particulièrement délectable. Grandes amies dans la vie et sœurs sur scène, leur complicité est palpable et leur énergie, communicative.
Certains personnages flirtent toutefois avec la caricature. Celui de l’homosexuel ou ceux des deux femmes dans la soixante-dizaine a des traits parfois surlignés au crayon jaune, une tendance aux stéréotypes qui, si elle sert le gag immédiat, manque un peu de finesse.
Je me suis parfois demandé comment réagirait un homosexuel assis dans la salle face à ces traits exagérés.
La production, signée La Prod à Jimmy et Les Productions Jean-Bernard Hébert, a confié la mise en scène à Fabien Dupuis, qui assume pleinement la mission de la pièce. « J’ai tout de suite été séduit par l’audace du texte », confie-t-il, « Ce sont des personnages qu’on voit trop rarement sur scène — deux femmes vieillissantes, drôles, libres, vivantes. Ça fait du bien ! ».
Cette volonté de mettre en lumière une « révolte des sexy Seventies », comme le dit le communiqué de presse, se sent.
J’ai particulièrement aimé l’idée d’associer chaque personnage, lors de son entrée, à une chanson populaire qui campe instantanément sa personnalité. C’est une touche simple, mais diablement efficace.
Le décor de Michael Gariépy, sans être extravagant, sert bien l’action et devient un terrain de jeu pour les nombreux quiproquos. On est dans l’appartement de Rose, particulièrement au salon, où sont accrochées ses nombreuses toiles. On imagine les chambres côté jardin et la cuisine et son atelier, côté cour. La porte de l’appartement, de laquelle on entre et sort souvent, est au centre de la scène.
En fin de compte, Cougar qui peut ! offre exactement ce qu’on attend d’une comédie estivale : un divertissement sympathique et sans prétention qui rappelle avec panache que le désir n’a pas d’âge. Le public, à la sortie, semblait d’ailleurs tout à fait ravi.
Si vous cherchez une soirée pour vous détendre et rire un bon coup, sans vous casser la tête, vous passerez assurément un agréable moment. C’est un plaisir léger, porté par des acteurs généreux qui donnent tout pour nous faire oublier les petits défauts de l’ensemble.
La pièce Cougar qui peut ! est présentée au Théâtre de Rougemont, jusqu’au 6 septembre 2025.