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Après avoir fait la route classique de Montréal-Québec, je me suis retrouvée pour la première fois de ma vie au Festival d’été de Québec, juste à temps pour la soirée québécoise et francophone du 7 juillet. Je vous avertis, telle une météorologue, je parlerai souvent de la pluie et du beau temps dans mes paragraphes, mais c’est que Mère Nature a teinté chaque performance de sa petite touche personnelle, changeant les ambiances des trois spectacles auxquels j’ai eu la chance d’assister pour ce que j’appelle « mon baptême du FEQ ».
La foule rassemblait peut-être une trentaine de personnes téméraires lorsque les premières notes du premier spectacle du 7 juillet au Festival d’été de Québec ont retenti. À savoir que la température n’était pas la plus clémente hier, et ce, dès le spectacle d’ouverture de la soirée de l’artiste innue Soleil Launière, originaire de Mashteuiatsh.
Pourtant, ce vent plutôt frisquet s’est avéré rendre service à la performance de l’artiste multidisciplinaire dont la longue jupe flottait au rythme de ses chants autochtones assumés. Elle a démarré avec la chanson Au bout (avec CHANCES), faisant émaner un « J’ai des frissons, et ce n’est pas à cause de la pluie » de la part d’un membre du public.
À travers des manipulations de bâtons et de fils rouges, Soleil Launière dansait sur la scène solennellement, réussissant à hypnotiser la mince foule : impossible de porter son regard ailleurs.
Se dressant devant le micro, elle a nommé l’un après l’autre des noms de femmes, toutes autochtones. L’artiste a ensuite expliqué qu’il s’agissait de prénoms de femmes ayant été assassinées en 2023 et 2024 au Canada. Elle a enchaîné ensuite avec la chanson coup de poing MMIWG2S, récitant à travers des sons de claviers, guitare, et arrangements vocaux la phrase « Je suis vivante même sous terre, je suis criante même sans air. »
Celle ayant gagné le prix de Révélation Radio-Canada 2024-2025, ainsi que le concours des Francouvertes en 2024, faisant fi de la température qui jouait contre elle, a su transporter le public dans son univers tout en parlant d’enjeux féministes, identitaires et écologiques dans trois langues différentes : le français, l’anglais et l’innu.
L’auteure-compositrice-interprète française Laura Cahen s’est installée sur la scène devant une foule qui se faisait de moins en moins timide. Elle a débuté sa performance en mentionnant qu’elle avait douté de pouvoir présenter son spectacle à cause de la mauvaise température, ce qui la rendait doublement reconnaissante d'avoir l'occasion de présenter ses chansons provenant pour la majorité de son plus récent album, De l’autre côté, sorti en janvier dernier.
Sous le ciel nuageux et avec un petit 14 degrés qui rappelait davantage le mois de novembre que celui de juillet, ce n’étaient peut-être pas les douces œuvres de Cahen qui allaient nous permettre de nous réchauffer, mais reste que l’ambiance était idéale pour raconter le récit de ce nouvel opus.
En effet, l’artiste a raconté que c’est sous la forme d’une histoire, avec un début et une fin, qu’elle a imaginé cet album, qui retrace l'histoire de deux femmes tombant follement amoureuses l’une de l’autre, mais ne pouvant vivre cet amour pleinement, vivant dans un monde trop violent. Elles s’imaginent donc un monde idyllique se situant « de l’autre côté ». Ce conte, ainsi que la performance de l’artiste venue d’outre-mer, a débuté avec la chanson Fusées.
Sa voix aiguë et la façon dont elle a livré ses paroles, comme si elle les tenait au bout de sa bouche pointue, rappellent le style de Françoise Hardy. Tout de la performance reste sobre, l'artiste enchaînant ses chansons une à une, concluant le tout avec Puisque tu pars, la dernière chanson de son album. Vêtue de noir, et seulement accompagnée de la claviériste Joséphine Stevenson, ce n’était pas le spectacle le plus enivrant, mais il était sans aucun doute de qualité, et ses morceaux joueront assurément dans mes écouteurs lors des prochaines journées pluvieuses
Après être allée chercher mon imperméable afin de pleinement apprécier le dernier spectacle de la scène Hydro-Québec de cette journée-là, je me suis frayée un chemin parmi la foule généreuse qui avait finalement récupéré assez de courage pour venir accueillir le chanteur ayant grandi à Montréal. Applaudi avec fougue lors de son arrivée sur scène, tous semblaient très heureux de recevoir celui que j’appelle affectueusement « le petit prince de la musique ». L'artiste livre avec douceur des morceaux parlant d’amour, comme un prince venu nous chanter la pomme.
Cette déclaration d’amour a commencé avec la chanson Flash in the pan, chantée en français et en anglais de manière acoustique et seul sur scène. C’est ensuite qu’il a accueilli son groupe, avec qui il fera cette soirée-là son dernier spectacle de sa tournée au Québec. Il a donc annoncé vouloir profiter de chaque seconde du concert, et nous a invité à faire de même.
Aliocha Schneider a débuté sa carrière il n’y a pas si longtemps, et je trouve qu’il y a encore une certaine excitation et reconnaissance à venir jouer devant un public. Toujours le sourire aux lèvres, partageant des anecdotes de sa vie personnelle (parlant surtout d’amour, évidemment), comme s’il souhaitait créer un lien intime avec chacune des personnes présentes sur le site.
Je ne connaissais pas sa discographie à merveille, et plusieurs de ses morceaux m’ont automatiquement collé à la peau. Avant elle, l’un de ses grands succès, m’a tout de suite charmée, mais surtout sa pièce L’Océan des Amoureux dont la version live, je dois l’avouer, est meilleure que celle enregistrée.
« Je vous avais averti qu’on serait comme les deux doigts de la main », rigole l’artiste lorsque la foule pousse un cri de déception à l’annonce de la dernière chanson. Toutefois, le petit ange vêtu de blanc est revenu sur scène afin de présenter un rappel qui fut probablement le moment le plus fort de la soirée. Débutant ce dernier avec une reprise de Rêver mieux de Daniel Bélanger qu’il décrit comme l’une des plus grandes chansons jamais écrites, une réadaptation qu’il interprète à merveille.
S’ensuit ensuite la chanson C’est tout, c’est rien, puis son amoureuse Charlotte Cardin est venue chanter la deuxième partie de la pièce avec lui. Avec une complicité évidente et s’échangeant des regards amoureux, le duo a ensuite interprété la fameuse chanson Ensemble pour clôturer un spectacle qui a définitivement fait quitter chacune des personnes présentes avec le cœur léger et l’envie de tomber en amour.
Consultez notre couverture du Festival d'été de Québec sur ce lien.