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De retour dans la capitale pour le jour 6 du Festival d'été de Québec en cette journée qui s'annonçait complètement rap. Enchaînant les premières fois cette semaine, il s'agissait d'ailleurs de mon tout premier spectacle sur ce que l'on appelle « La plus grande scène en Amérique du Nord », rien de moins ! Pour mon initiation, j'ai eu la chance d'observer trois spectacles de qualité aux propositions variées, mais ce n'est pas sans d'abord avoir fait un crochet vers le centre de la ville fortifiée.
Il m’était impératif d’aller découvrir pour la première fois ce qui se cachait derrière le phénomène Angine de poitrine. Néophyte du style rock expérimental, j’étais curieuse de découvrir de mes propres yeux ces deux musiciens mystérieux, cachés sous leurs costumes faits main rappelant deux marionnettes du courant pop art.
Entre chacune des pièces, le guitariste et bassiste Khn de Poitrine et son acolyte de scène Klec de Poitrine, à la batterie, plaçaient leur doigt en forme de triangle, un geste aussitôt imité par un public apparemment familier.
Ces entités aux nez qui rendraient jaloux Cyrano de Bergerac assument pleinement leur univers, ne décrochant jamais de ce rôle de bonshommes en papier mâché venus d’un autre monde. Sous cette esthétique se cachent toutefois des musiciens hors pair, offrant aux fans de rock expérimental des morceaux originaux livrés avec expertise. Professionnel jusqu’au bout, celui maniant la guitare à deux manches n’a même jamais cessé de jouer, et ce, même lorsqu’un élément de décor lui est tombé sur la tête.
Bref, un super début de soirée, autant pour la qualité de l’expérience musicale que pour l’univers éclectique imaginé par cette paire de rockeurs. Toutefois, il faut que le public soit prêt à se laisser aller sans jugement à cette performance surprenante, car comme le mentionnait un homme dans la foule : « Il faut vraiment embarquer dans leur monde. »
C’était soirée rap sur la scène des Plaines d’Abraham, et c’est la rappeuse Sarahmée qui était chargée d’ouvrir le bal. Vêtue d’un survêtement blanc deux pièces, elle est apparue sur scène en coup de canon avec la chanson Elle est partie, prête à enflammer la foule qui s’étendait à perte de vue.
Émue, elle lance au début de sa performance : « Moi, je viens de Québec, j’ai commencé le rap à Québec, et maintenant je suis rendue sur les Plaines ! » Une réalisation qui ne laissait personne indifférent.
Oscillant entre le rap, l’afrobeat et le trap, et malgré l’impressionnante scène sur laquelle elle se trouve, la charismatique Sarahmée semble complètement à l’aise, se permettant des libertés, que ce soit lorsqu’elle lance la baguette de son batteur dans le public ou lorsqu’elle rejoint la foule pour rapper avec eux.
Parmi la douzaine de chansons offertes par l’artiste, Sarahmée a interprété des morceaux comme Fuego Fuego, À la dur et C’est pas toi, c’est moi.
Derrière moi, une adorable petite fille tenait une pancarte sur laquelle elle avait soigneusement écrit : « On t’aime Fredz ! » C’est alors que j’ai compris l’engouement de la foule pour le prochain artiste qui allait se présenter sur la grande scène des Plaines. Le jeune rappeur, ayant fait sensation notamment grâce à son morceau Le stade, puise son esthétique dans le thème de l’espace : une lune trônant au centre de la scène, des projections de voie lactée, et lui-même vêtu d’une combinaison scintillante.
Avec confiance, il a su faire plaisir à ses fans en interprétant tous ses plus grands succès tels que Ce soir j’suis dans ma tête, 3 accords ou encore Je veux.
Difficile de faire lever les foules alors que ses pièces, portant pour la plupart sur les ruptures amoureuses, sont plutôt intimistes et incarnent un rap aux rythmes plus doux. Mais l’artiste a su bien doser ses enchaînements de chansons, alternant des morceaux plus calmes et réveillant ensuite le public avec quelques titres plus dansants, notamment sa reprise de la chanson Paradis City de Jean Leloup.
Évidemment, Le stade fut le moment le plus mémorable de sa performance, chanté par toutes et tous par cœur, et permettant de bien se réchauffer avant le plat de résistance : le spectacle de Bigflo et Oli.
Il y a de ces spectacles qui nous surprennent et qui nous font réaliser la chance que nous avons d’exercer un métier en culture. Hier, les deux frères originaires de Toulouse ont offert un moment presque parfait, ayant comme objectif « d’offrir le meilleur spectacle de leur vie ».
La table était mise pour que cet objectif soit atteint. La paire est arrivée sur scène avec fougue, prenant le public par la main pour lui montrer quand et comment donner de l’énergie, sauter, crier et chanter. Oli portait un chandail de hockey des Remparts, équipe pee-wee de la Ville de Québec, et ce simple détail confirmait leur désir que le public se sente impliqué dans la performance. On ne sentait pas qu’on assistait à un spectacle ; on sentait qu’on en faisait partie.
Fêtant ce soir-là le dixième anniversaire de leur album La Cour des grands, ils ont saisi l’occasion pour interpréter Aujourd’hui, accompagnés par la foule en guise de chorale.
Le duo français avait réservé des surprises aux milliers de personnes présentes sur les Plaines, en affirmant qu’il fallait « célébrer les artistes d’ici », et en invitant sur scène Jay Scott et FouKi pour chanter Copilote, ainsi que Loud, venu interpréter Fallait y aller. Ils ont également laissé leur ami et partenaire de scène Wawad offrir une prestation de beatbox dont la Ville de Québec se souviendra longtemps.
Mon moment coup de cœur fut la performance de la chanson Dommage, que Bigflo et Oli ont interprétée les larmes aux yeux, devant cette marée humaine qui connaissait l’œuvre par cœur. Sensibles à l’actualité, les artistes ont modifié le dernier couplet de la chanson afin d’évoquer le génocide palestinien — un moment profondément touchant.
En conclusion, je crois qu’ils ont bel et bien réussi leur objectif, ayant offert à la Ville de Québec un spectacle enivrant, sensible et pertinent.
En plus de Sarahmée et Fredz, Nathalie Sénéchal est allée prendre des photos du concert de Matt Lang. Retrouvez son Zoom photo ici. Consultez notre couverture du Festival d'été de Québec sur ce lien.