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La première soirée de la série A/VISIONS se déroulait au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, vendredi dernier le 22 août. L’artiste italien Quayola, le collectif de Vancouver K-PHI-A, ainsi que le duo composé de la conceptrice sonore italo-néerlandaise Grand River et du musicien italien Abul Mogard, nous en ont mis plein la vue.
Le spectacle Luce de Quayola, comprenait une série de tableaux défilants, truffés d’images historiques trafiquées. Les séquences contrastées se succédaient : deux personnes valsant dans un monde en noir et blanc, rappelant une toile impressionniste, puis des formes géométriques remplaçaient les protagonistes, évoquant d’étranges bonhommes allumettes colorés. L’artiste ayant travaillé avec entre autres Jamie xx et le London Contemporary Orchestra, a échafaudé sa proposition en puisant dans le fond d’archives audiovisuelles Archivio Luce, qui célébrait son 100e anniversaire.
Le trio de Vancouver K-Phi-A comprend un batteur, un musicien électronique et un VJ. Leur concept Revival, traitant du rapport entre l’humain et la machine, en passant par l’intelligence artificielle, bénéficiait grandement de la présence de la batterie électronique sur scène. Le percussionniste Keon Ju Maverick Lee apportait une énergie nouvelle à la vue d’ensemble plutôt standard autrement.
J’ai découvert Aimée Portioli, mieux connue sous le pseudonyme Grand River, durant l’édition 2023 de MUTEK. J’ai depuis écouté sans relâche son album All Above, qui est devenu une trame sonore de choix de mon quotidien. La compositrice a aussi travaillé de pair avec l’artiste multidisciplinaire Sofie Birch à la création du superbe EP Our Circadian.
Le musicien basé à Rome Guido Zen, alias Abul Mogard, a présenté son travail toujours élégamment simple et émouvant aux quatre coins du globe : au festival Berlin Atonal, au Centre Pompidou etc. La musique de Mogard se retrouve également dans des films (Ridley Scott), des séries (BBC), des œuvres d'art contemporaines et des défilés de mode.
L’album In uno spazio immenso de Grand River et Abul Mogard est pourvu d’une profondeur extraordinaire, teintée d’une noirceur diaphane. Certaines textures et zones de tension rendent le tout confortablement inconfortable. La paire collabore à merveille et leur musique majoritairement synthétique déborde d’une grande sensibilité. Les deux artistes ont transformé le Théâtre Maisonneuve en vaisseau spatial, la fumée et les faisceaux lumineux fusaient de tous côtés.
Guitare en bandoulière, la musicienne italienne m’impressionne toujours. Le nom Grand River évoque l’immensité et le mouvement, des thèmes que l’on discerne sans équivoque dans l’œuvre de l’artiste. Influencée par la musique minimale classique, la compositrice crée des symphonies narratives expérimentales, dans lesquelles on se laisse engloutir.