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Mercredi le 20 août dernier avait lieu le 1er événement de la série NOCTURNE organisée par MUTEK, à la Société des arts technologiques (SAT). La formule investit à la fois l’espace SAT et la Satosphère. Retour sur les performances de upsammy & Valentina Magaletti, ainsi que de James Holden Wacław Zimpel.
Thessa Thorsing, alias upsammy, est une artiste multidisciplinaire néerlandaise. Sa musique est la plupart du temps, à la fois délicate et intense. Son travail a rapidement capté mon attention. Il mêle enregistrements de terrain et textures électros, passant de l’ambiant à la techno psychédélique. Ses esquisses sonores me transportent entre les phrases d’un récit bien calibré et enveloppant. Les longs segments plus flottants nous laissent planer juste assez longtemps avant que l’apparition d’un rythme nous amène ailleurs.
La productrice présentait un aperçu de son prochain album avec la batteuse italienne Valentina Magaletti. Cette dernière performait à deux autres reprises durant le festival : en ouverture avec une proposition solo et avec son groupe Holy Tongue, composé du producteur Al Wootton et du bassiste Susumu Mukai, alias Zongamin.
Je faisais une entrevue dans un bar du Chinatown avec Valentina Magaletti, juste avant le concert. Nous sommes arrivées à la SAT quelques minutes avant le début de leur performance. upsammy nous a rejoint. Le visage doux et éclairé par les lumières du centre-ville, elle venait à peine de s’extraire d’une courte sieste. C’était maintenant l’heure du spectacle.
Les deux musiciennes ont donné une solide prestation, enveloppant l’audience d’un paysage sonore à la fois complexe et accessible. Les éléments synthétiques fabriqués par upsammy étaient soutenus par le jeu physique tellement organique de Valentina. Les sons des brosses sur les tambours évoquaient des caresses, drapées de la lourde basse anesthésique expulsée des hauts-parleurs.
Le dernier segment de la soirée proposait une interprétation de l’album collaboratif The Universe Will Take Care of You, du producteur britannique James Holden et du multi-instrumentiste polonais Wacław Zimpel, Les musiciens possédaient des stations individuelles surélevées, sur lesquelles ils étaient posés. Juchés sur leurs coussins colorés, les artistes nous ont mené vers la transe.
Zimpel est clarinettiste de formation et puise dans la musique indienne. Son approche mêlée à celle de Holden, qui repousse sans cesse les limites de son univers sonore, prend la forme d’une musique doucement addictive. C’est dans un état de flottaison que j’ai quitté la SAT à 2 heures du matin. Impossible de voir les étoiles dans le ciel trop éclairé de la ville. Holden et Zimpel avaient rempli la salle d’une panoplie d’entre elles, et j’en emportais quelques-unes avec moi en quittant la rue Saint-Laurent.